Des enseignants animés par la passion

Pierre Laperrière et Marielle Chamberland ont tous deux marqué des générations au cours de leurs carrières. (Photothèque)
Pierre Laperrière et Marielle Chamberland ont tous deux marqué des générations au cours de leurs carrières. (Photothèque)

Marielle Chamberland et Pierre Laperrière. Deux monuments de la Cité-des-Jeunes. Maintenant retraités, ces anciens enseignants dégagent toujours autant de passion lorsqu’ils discutent de cette profession. Les yeux illuminés, c’est avec plaisir qu’ils échangent avec Yolande Prairie et sa fille, Frédérique Prairie-Caron, actuellement enseignantes,  sur les succès et les défis qu’ils ont tous rencontrés au cours de leurs carrières.
Si chacun trouve ou a trouvé son compte en exerçant ce métier, chacun a toutefois emprunté son propre chemin pour y arriver. Pour Frédérique, le choix de carrière s’est imposé de lui-même : « J’ai toujours été bien dans une école », souligne-t-elle. Aujourd’hui, elle agit en tant qu’enseignante orthopédagogue. Sa mère, Yolande, professeure en histoire et géographie, croit bien avoir transmis un portrait positif de l’enseignement à sa fille pour lui avoir donné envie de travailler dans ce domaine à son tour. Pour sa part, Marielle a dû se battre à l’université pour suivre des cours lui permettant d’enseigner l’expression dramatique. « À l’époque, il n’y avait pas de cours de psychopédagogie dans mon programme. Mais je ne voulais pas devenir comédienne », explique celle qui fut l’une des premières à enseigner l’art dramatique.
Ce que prof veut
Peu importe leur parcours, ces enseignants se mettent d’accord sur ce qui les allume : la réussite des élèves. « Surtout lorsqu’ils ont des difficultés d’apprentissage », souligne Frédérique. Pierre précise qu’il a toujours aimé transmettre le goût d’apprendre à ses étudiants. Yolande elle, œuvrant en première année du secondaire, se dit agréablement surprise  de la curiosité, l’intérêt et l’ouverture que démontrent les jeunes. Marielle quant à elle a toujours trouvé satisfaction dans l’épanouissement de ses élèves ainsi que leur prise d’autonomie.

Frédérique Prairie-Caron et Yolande Prairie, un duo mère-fille, toutes deux enseignantes et d'anciennes élèves de la Cité-des-Jeunes. (Photo Myriam Delisle)
Frédérique Prairie-Caron et Yolande Prairie, un duo mère-fille, toutes deux enseignantes et d’anciennes élèves de la Cité-des-Jeunes. (Photo Myriam Delisle)

Histoires de succès
Évidemment, e sentiment d’accomplissement représente l’un des grands avantages de cette profession. Celui-ci s’amplifie lors de la réussite des élèves. Et ils sont nombreux à marquer les enseignants. Pour Yolande, les voyages qu’elle a effectués avec de petits groupes (des élèves « méritants ») seront à jamais gravés dans sa mémoire, à l’instar de celle des jeunes voyageurs. Elle les a notamment amenés à découvrir la Baie James et le Lac Saint-Jean. Pour sa fille, la réussite d’un élève prend encore plus son sens, puisqu’elle œuvre auprès de jeunes en difficulté d’apprentissage et de troubles de comportement. Elle se souvient d’un cas très lourd, un élève à qui elle devait apprendre à attacher ses chaussures. Celui-ci a terminé son secondaire cinq ! Un autre de ses élèves s’est même rendu au cégep, contre toute attente.
L’enseignante en art dramatique voit le succès en chacune des productions théâtrales dont elle a été témoin. De plus, elle se compte privilégiée d’avoir pu former des jeunes qui vivent aujourd’hui des arts de la scène. « Ils avaient le talent, mais j’avais le bon pot pour les faire pousser », lance-t-elle en riant.
Pierre Laperrière, reconnu pour ses cours d’histoire, jouit encore aujourd’hui d’une réputation enviable auprès de ses pairs. « Les jeunes restaient à l’école pour suivre mon cours en secondaire quatre ou cinq », se souvient-il.  Sa collègue Marielle ajoute qu’un des élèves du retraité a  écrit à Pierre Foglia et ne tarissait pas d’éloges à son sujet; il a été jusqu’à dire que son professeur lui a appris la vie.
Défis
Bien que les côtés positifs en valent la chandelle, la profession d’enseignant comporte son lot de défis. Yolande n’hésite pas une seconde et évoque la problématique de la langue. « Il y a beaucoup d’immigrants et d’anglophones », explique-t-elle. Et d’ajouter: « ça prend des classes d’accueil».
« Il faut que la Commission scolaire s’implique », renchérit Pierre.
Dans un autre ordre d’idées, Marielle a plutôt remarqué la détérioration des rapports entre les élèves. « Ça devient de plus en plus difficile d’établir un climat d’écoute et de respect. »
De plus, tous les quatre s’entendent pour déplorer les trop nombreuses interventions des parents, un problème auquel fait face tout le personnel éducatif, de la secrétaire au technicien en loisir, formateurs chacun à sa façon. Frédérique cite l’exemple de parents qui refusent le redoublement de leur élève de secondaire I. En effet, cela ne fait que leur nuire à court et à long terme, en plus d’alourdir la tâche des futurs enseignants et pairs de l’élève.
Mais comme dans tout métier, tout n’est pas noir ou blanc. Par conséquent, seuls les gens qui ont une présence devant un public, une ouverture, une générosité, une bonne écoute, qui sont animés par la passion et qui aiment les rapports humains réussiront à être heureux dans l’enseignement, selon le quatuor.

À propos de l'auteur

Myriam Delisle

Journaliste

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